Archive pour décembre, 2016

Peindre sa vie

Le silence m’étreint. Seul face à moi-même, je contemple ma vie comme le tableau d’un paysage lointain. J’essaye de l’embellir en y ajoutant des couleurs ça et là. Et je peints. Sur le sol, une multitude de fleurs de toutes les couleurs parsème une grande étendue d’herbe. On y entend presque le chant du grillon s’élever lorsque le jour commence à paraître avant que la cigale ne lui succède une fois la rosée du matin dispersée à vingt cinq degré. Je crée un chemin pour sertir la campagne d’un majestueux collier. Il vient entourer de petites clairières arrondies qui ajoute à ce tableau une douceur bucolique. Je n’oublie pas de l’accompagner d’un ruisseau, dont l’eau s’écoule paisiblement et parcourt sinueusement toute l’étendue de cette verte contrée. Les animaux de la forêt peuvent s’y abreuver et je reconnais ici un chevreuil en train de se pencher et là plus loin quelques tourterelles faisant halte avant de reprendre la route du ciel. C’est une belle journée d’été et une légère brise caresse les feuilles des arbres. Elle impulse un souffle qui les met en mouvement. De près ou de loin, on dirait qu’ils dansent en dessous du firmament. A côté, un champ de blé vallonné se faufile entre les massifs forestiers. Le temps des moissons est passé. Les gens s’en sont rentrés, laissant derrière eux d’innombrables bottes de paille dispersées au gré de ce terrain blond. Tout près de là, je bâtis un pont au dessus d’un étang où règnent nénufars et roseaux sur cette eau lisse et somnolente. Je peints une petite barque sur le bord pour que mon père y vienne un jour pêcher. Un saule pleureur projette son ombre à cet endroit. Il attend patiemment des invités pour l’heure du déjeuner. Derrière, je construis une cabane au milieu de la campagne à proximité d’une forêt pour me retirer en paix. Avec quelques branches de chêne regroupées j’installe un nid pour que mes enfants puissent s’y abriter. Je dessine plusieurs nuages pour tenir compagnie au soleil. J’ajoute de petits traits noir et bleu et l’on y devine au loin la présence d’oiseaux se perdant dans le ciel radieux. Et chaque jour, je retourne à ce vaste projet et m’efforce de donner vie à cette nature morte pour ne pas avoir de regrets. J’espère y parvenir avant qu’elle ne m’emporte.

Étreintes vagabondes, 2016, 5 Sens Éditions.

Publié dans:Curiosités du mois |on 2 décembre, 2016 |Pas de commentaires »

Avaler de travers

L’expression « passer par le trou du dimanche » montre combien nos politiciens s’y sont si bien pris pour nous persuader que le travail est la santé.

Publié dans:Curiosités du mois |on 1 décembre, 2016 |Pas de commentaires »
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