Mon chat

Notre chat s’en est allé. Je me souviens de cette rencontre d’autrefois. Elle était assise là, minuscule créature poilue et grise au milieu de ses frères et sœurs. Ma femme et moi devions choisir un compagnon de vie parmi cette récente portée. Je m’arrêtai un instant sur cette demoiselle. Je la pris dans mes mains où elle tenait si peu de place. Elle répondît alors à mon appel par un ronronnement paisible. Mon choix fût fait. Je ne l’ai jamais regretté. Aujourd’hui mon chat me manque. Je l’ai vu partir discrètement sans se plaindre ou gémir. Elle ne s’est jamais apitoyée sur son sort. Je me revois la déposer délicatement sur le petit canapé du salon, sans soupçonner un départ si proche. C’est à mon retour que je compris qu’elle ne s’était pas endormie. Si je l’avais su, peut-être serais-je resté à ses côtés jusqu’à la fin. Dix-sept ans plus tard, nous l’avons enterré au fond du jardin. Mes enfants lui ont fait un joli dessin. Elle s’appelait Bijoux et en fin de compte, en brillant par son absence, elle en avait bien la valeur.

Publié dans : Curiosités du mois |le 20 novembre, 2015 |4 Commentaires »

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4 Commentaires Commenter.

  1. le 21 novembre 2015 à 19 h 53 min Club LAAC écrit:

    très touchant et bien expliqué, la douceur d’un compagnon à quatre pattes, et le vide laissé, son absence, la peine ressentie. Bijoux faisait partie d’une famille qui l’aimait. Bisous, moi j’ai perdu un grisou que j’ai eut pendant 11 ans, et la peine que j’ai eut je ne veut plus l’avoir donc plus de minou dans ma vie car j’étais toujours dans l’inquiétude : où il est? est-il rentré? etc…

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  2. le 22 novembre 2015 à 14 h 30 min Guillemot Joëlle écrit:

    Très émue par ce texte car j’ai déjà vécu ça et connais encore le manque, l’absence douloureuse de notre chienne Labrasor emportée une semaine avant ses 12 ans d’une leucémie foudroyante. Baghera était arrivée chez nous à l’âge de huit semaines et faisait partie de notre famille, d’abord petite boule de poils attendrissante, puis grosse et douce peluche, affectueuse, cherchant les câlins, ne nous quittant pas d’une semelle. Elle nous accompagnait partout tant elle était facile. Elle était très protectrice avec les enfants, très attentionnée et c’était touchant de les voir faire leurs premiers pas, puis plus tard des promenades, une main posée sur son dos. Malade trois mois, elle a subit un traitement lourd sans jamais se plaindre. Baghy s’est écroulée au bord de la piscine, un beau jour d’automne, en partant faire son petit tour du matin dans le jardin. Je l’ai vu tomber et ne pouvoir se relever, épuisée. Je me suis couchée à coté d’elle, lui parlant doucement en attendant le vétérinaire. Elle s’est endormie couverte de caresses et de bisous de mes deux petits fils. Elle est enterrée dans le jardin. Samuel lui a tout de suite peint un gros galet avec son nom. C’était il y a deux ans… Nous en parlons souvent. Elle manque à tous. Qui ne s’est jamais attaché à un animal ne peut comprendre la douleur ressentie quand on le perd. Un animal vous aime inconditionnellement, ne vous trahit pas.

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  3. le 29 novembre 2015 à 19 h 46 min Hol écrit:

    Un si petit corps, un si grand amour.

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    • le 6 novembre 2016 à 1 h 00 min goloubieffecriture écrit:

      Merci à toi qui que tu sois !! Bruno

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